MatelassièresLa Seine , cette grande avenue fluviale qui traverse Paris , a connu une activité que nous avons du mal à imaginer aujourd'hui . Les ports Saint-Bernard , Saint-Nicolas , de la Râpée , le port au blé au pied de l'Hôtel de Ville connaissaient un trafic considérable . L'essentiel de ce qui était nécessaire à la vie des parisiens arrivait par voie d'eau . Il était donc normal que toutes les berges de la Seine soient envahies par les marchands et les artisans , comme ces matelassières qui recevaient leurs matières premières : laine , crin , plumes , par chalands . Elles pouvaient également laver sur place laines et toiles à matelas dans l'un des nombreux bateaux-lavoirs amarrés à quai .Rouleur de tonneauxM. Gomby , négociant en vins de père en fils à Saint-Leu-la-Forêt , a souvent entendu ses parents évoquer les courses des rouleurs de tonneaux qui , avant la guerre , attiraient toujours un nombreux public venu encourager , sur le parcours de Bercy à la halle aux vins du quai de la Râpée , les plus habiles , les plus rapides , les plus forts des chargeurs de vin . Faire rouler deux pièces bordelaises de 220 l , qui même vides pèsent chacune près de 70 kg , demandait force et dextérité . M. Comby se souvient que , dès six heures du matin , son grand-père partait pour Paris faire sa tournée de livraisons , et il manipulait souvent seul les pièces de vin qui , pleines , pesaient , dans les 300 kg .Le rempailleur de chaises"Rempailleur de chaises , voilà l'rempailleur !" Il s'installe devant la maison et reprise dossiers et fonds de chaises . Il ne voit le monde que de dos ou par derrière , ce qui ne l'empêche pas de gagner sa vie en mettant les autres sur la paille !Vers 1900 , seuls les sièges ordinaires continuaient à être garnis de paille . On employait à cet effet la paille de seigle blanchie au soufre . Le rempailleur apprêtait des brins qu'il égalisait et disposait suivant la dimension nécessaire . Il les battait à l'aide d'un battoir en bois afin de les préparer à la torsion qu'ils allaient subir ; celle-ci était plus prononcée au milieu , là où les brins étaient les plus serrés .Paris , rémouleurAu Moyen Age , on distinguait deux types de rémouleurs : les forcetiers et les émouleurs de forces . Les premiers , qui devinrent plus tard les couteliers , réalisaient les grandes forces --ciseaux à tondre --, tandis que les seconds affûtaient les lames d'outils sur les meules .Cependant , au XIX ème siècle , le rémouleur ambulant , appelé aussi " gagne-petit ", actionnait avec le pied , pour l'affûtage , une planche qui faisait tourner la meule . On lui a donné alors le nom de " rémouleur à la petite planchette ".Le gagne-petit auvergnat porte toujours les cheveux longs , un habit loqueteux et des sabots , contrairement à ses pairs chaussés de souliers .