Sunday, April 1, 2007

Triage du poisson

ArtoisImportante opération que celle qui consiste à trier le poisson ! Les paniers remplis de poissons en vrac sont hâlés des bateaux . Les chaluts ne font pas de détail , ils ramènent dans leurs mailles des " écailles de luxe " et de la racaille de chiens de mer . Les espèces sont donc triées et lavées à quai : les rondes d'abord , tels que bars et mulets , puis les plates , comme les turbots et les raies , enfin , les longues , surtout les congres .Arrivent alors les mareyeurs pour la criée proprement dite où le poisson sera vendu .

Ile-de-France

L'omelette sans beurreL'omelette sans beurre renverse la croyance : " le plus âne n'est pas celui qu'on pense " ! Robinson était très prisé , au début du siècle , par les Parisiens qui venaient y goûter de belles parties de campagne : excursions dans les bois , haltes dans les guinguettes et , pour les enfants , promenades à dos d'âne .Chaville , cabaret champêtre> Dès les années 1850 , l'apparition du chemin de fer permit à la population parisienne d'aller , le dimanche ,se distraire au bord de l'eau et dans les bois de la banlieue .La fraîcheur était propice au farniente , au canotage , et aux conversations galantes ; on ne manquait pas de boire , bien sûr , et des cabarets fixes , ou simplement dressés sur trétaux ne tardèrent pas à se développer , comme ici à Chaville , en bordure du bois de Meudon . Saint-Cloud , l'embarcadèreDéjà au XVIII ème siècle , on eut l'idée d'utiliser la Seine comme moyen de communications . La Galiote de Saint-Cloud ,quittant le pont Royal , emmenait les promeneurs sur les côteaux de Meudon .En 1886 , la Compagnie Générale met à la disposition des Parisiens deux bateaux qui relient Charenton à Suesnes suivant un trajet ponctué de 47 escales . Pour 10 centimes -- prix unique du voyage quelque soit l'arrêt -- 25 millions de Parisiens par an allaient prendre l'air dans la banlieue et s'installer dans les guinguettes qui ne manquaient pas de s'ouvrir à proximité des débarcadères .La Compagnie Générale fut dissoute en 1934 .

Picardie

Boulogne-sur-Mer , mateloteJusqu'au début du XX ème siècle , la matelote -- femme de matelot -- portait , les jours de fête , le costume traditionnel de la région de Boulogne-sur-Mer et de la côte du Pas-de-Calais , au nord de la Canche . La coiffe , baptisée " soleil ", est constituée d'un bonnet en tulle brodé , auréolé d'une bordure de dentelle tuyautée dont les dimensions s'accroissent à la fin du XIX ème siècle , comme on le constate sur cette carte . Sur le corsage de tissu moiré , les femmes jettent une pointe de soie imprimée , agrémentée de passementeries et bordée de franges .La matelote est le type de figures pittoresques qui sera longtemps utilisé par l'affiche ou la carte postale à des fins publicitaires et touristiques .Le pilote PolletLa famille Pollet -- dont la véritable orthographe est sans doute Paulet -- est fixée à Boulogne-sur-Mer depuis de nombreuses générations . A partir de 1650 ,les hommes sont tous marins ; d'abord de pleine mer , ils remplissent ensuite des fonctions plus ou moins importantes dans la vie du port . Un des leurs , Jean-Baptiste , fut un fameux corsaire dont les exploits sont narrés par Hector Malot dans son ouvrage Les Corsaires . Notre Jean-Baptiste ( 1860-1934 ), quand à lui , est chef pilote , comme son père l'était , comme son fils le sera , et patron du canot de sauvetage . Son métier consiste à sauver les embarcations et les hommes en péril . Outre de nombreuses médailles de sauvetage -- dont la médaille d'or --, il reçoit la Légion d'honneur et le Mérite maritime . Il épouse l'an 1884 Marie-Catherine Danger , journalière , tous deux étant mineurs " quant au mariage ".Attelage du pauvreDurant des siècles , le chien était communément employé dans toute l'Europe comme bête de trait . Une caisse , deux roues ou deux planches l'hiver , quelques bouts de cordes , et les pauvres gens , les colporteurs , les petits artisants disposaient d'un attelage économique . Cette pratique fut prohibée en France en 1824 , d'abord à Paris , par le Préfet de Police qui se référait à de nombreuses protestations . De la France , l'interdiction s'étendit à plusieurs pays voisins : Belgique , Suisse , Hollande et plusieurs Etats allemands . Cependant ,malgré cette interdiction , au début du siècle quelques attelages de chiens subsistaient encore , dans le Nord en particulier .

Artisanat et petits métiers

MatelassièresLa Seine , cette grande avenue fluviale qui traverse Paris , a connu une activité que nous avons du mal à imaginer aujourd'hui . Les ports Saint-Bernard , Saint-Nicolas , de la Râpée , le port au blé au pied de l'Hôtel de Ville connaissaient un trafic considérable . L'essentiel de ce qui était nécessaire à la vie des parisiens arrivait par voie d'eau . Il était donc normal que toutes les berges de la Seine soient envahies par les marchands et les artisans , comme ces matelassières qui recevaient leurs matières premières : laine , crin , plumes , par chalands . Elles pouvaient également laver sur place laines et toiles à matelas dans l'un des nombreux bateaux-lavoirs amarrés à quai .Rouleur de tonneauxM. Gomby , négociant en vins de père en fils à Saint-Leu-la-Forêt , a souvent entendu ses parents évoquer les courses des rouleurs de tonneaux qui , avant la guerre , attiraient toujours un nombreux public venu encourager , sur le parcours de Bercy à la halle aux vins du quai de la Râpée , les plus habiles , les plus rapides , les plus forts des chargeurs de vin . Faire rouler deux pièces bordelaises de 220 l , qui même vides pèsent chacune près de 70 kg , demandait force et dextérité . M. Comby se souvient que , dès six heures du matin , son grand-père partait pour Paris faire sa tournée de livraisons , et il manipulait souvent seul les pièces de vin qui , pleines , pesaient , dans les 300 kg .Le rempailleur de chaises"Rempailleur de chaises , voilà l'rempailleur !" Il s'installe devant la maison et reprise dossiers et fonds de chaises . Il ne voit le monde que de dos ou par derrière , ce qui ne l'empêche pas de gagner sa vie en mettant les autres sur la paille !Vers 1900 , seuls les sièges ordinaires continuaient à être garnis de paille . On employait à cet effet la paille de seigle blanchie au soufre . Le rempailleur apprêtait des brins qu'il égalisait et disposait suivant la dimension nécessaire . Il les battait à l'aide d'un battoir en bois afin de les préparer à la torsion qu'ils allaient subir ; celle-ci était plus prononcée au milieu , là où les brins étaient les plus serrés .Paris , rémouleurAu Moyen Age , on distinguait deux types de rémouleurs : les forcetiers et les émouleurs de forces . Les premiers , qui devinrent plus tard les couteliers , réalisaient les grandes forces --ciseaux à tondre --, tandis que les seconds affûtaient les lames d'outils sur les meules .Cependant , au XIX ème siècle , le rémouleur ambulant , appelé aussi " gagne-petit ", actionnait avec le pied , pour l'affûtage , une planche qui faisait tourner la meule . On lui a donné alors le nom de " rémouleur à la petite planchette ".Le gagne-petit auvergnat porte toujours les cheveux longs , un habit loqueteux et des sabots , contrairement à ses pairs chaussés de souliers .

Bourbon-l'Archambault

BourbonnaisAu début du siècle , on prenait les eaux exclusivement en juin , juillet et août . De la fontaine de Jonas et de la fontaine de Saint-Pardoux coulait une source froide , tandis que la fontaine de Bourbon-l'Archambault proprement dite donnait une eau chaude , efficace contre les " paralysies , les rhumatismes chroniques et les maladies des os " . Les malades qui ne pouvaient pas marcher étaient conduits aux établissements thermaux et aux sources en chaise à porteurs .

Vues de Paris

Bras gauche de la BièvreLa Bièvre prenait sa source dans l'étang de Saint-Quentin ( Yvelines ), entrait dans Paris par laPoterne des Peupliers , se divisait en deux bras qui enlaçaient le quartier des Gobelins et se rejoignaient près du Jardin des Plantes . Elle se jetait dans la Seine près du Pont d'Austerlitz .Large d'à peine trois mètres , elle connaissait de terribles crues : ainsi , le 8 avril 1579 , le faubuorg Saint-Marcel fut ravagé par ce que la chronique du temps nomma le " Déluge de Saint-Marcel ". Sur ces berges s'établirent tanneries , filatures , teintureries et autres blanchisseries . Mais depuis 1910 , elle est transformée en égout et son parcours parisien entièrement recouvert .Grande RoueLe siècle du fer finissant offre à son successeur , pour la grande Exposition Universelle de 1900 , une superbe attraction foraine : la Grande Roue . Walter Bosset et Géo Moore en ont copié le principe sur l'un des clous de l'Exposition de Chicago ( 1893 ). C'est une manière de train -- avec premières et secondes classes -- qui transporte les voyageurs jusqu'à cent mètres de hauteur , dans des wagons suspendus . Frissons garantis .La Grande Roue , installée avenue de Suffren , près du Champ de Mars , à Paris , sera démantelée après la Première Guerre mondiale pour être installée à Vienne , en Autriche . Elle est , d'ailleurs , le " personnage principal " du film d'Orson Welles , Le troisième homme .Paris , palais du TrocadéroC'est Gabriel Davioud -- assisté de l'ingénieur Jules-Désiré Bourdais -- qui fut désigné , en 1876 , pour bâtir le Palais du Trocadéro sur la colline de Chaillot , en prévision de l'Exposition Universelle de 1878 .C'est ainsi que cette imposante " silhouette exotique " réalisa la synthèse -- très XIX ème siècle dans son inspiration -- entre l'Art , la Science et la Technique . La rotonde du Palais ( 58 m de diamètre , 50 m de hauteur ) enfermait une salle des fêtes qui pouvait accueillir 5 000 personnes ! Les deux manières de minaret à usage de belvédère contenaient , chacun , un ascenseur hydraulique . Le Palais de Chaillot a succédé en 1937 au Palais du Trocadéro .

Champagne

Champ de MaillyLe 19 novembre 1874 , l'armée organise de nouveaux corps de transmissions . Au camp militaire de Mailly ( près de Troyes ), le génie installe la ligne qui permettra aux sapeurs télégraphistes d'avoir recours au combiné téléphonique , " appareil qui sert à parler d'une main pendant qu'on écrit de l'autre ". La victoire de Condé sur les Autrichiens fut le premier message émis par l'armée grâce à la machine à bras de Chappe qui améliora , en 1794 , le système optique d'Amontons , créé en 1690 . En 1844 , Morse perfectionne le télégraphe électrique , inauguré par Ampère , et réduit les 25 conducteurs électriques en un seul fil qui transmet des informations par pulsations codées . Plus tard , en 1866 , Baudot complète l'invention de Morse : le télégraphe imprimeur est né !Monoplan AntoinetteL'aviateur français , Hubert Latham se prépare à réaliser un exploit : la première traversée de la Manche en aéroplane . Le départ est fixé le 25 juillet 1909 , à Sangatte près de Calais , où la foule et les journalistes se sont rassemblés . Aux commandes de l'Antoinette , aéroplane construit par Levasseur ,Hubert Latham devra s'élancer d'une falaise de 80 m de haut et rejoindre Douvres , distante de 35 km , à la vitesse de 70 km/h -- soit une demi-heure de vol . Malheureusement , les vents sont défavorables . Latham doit attendre . Mais il patiente si bien que Blériot -- qui guettait lui-aussi un peu plus loin , mais seul ! -- profitant d'une accalmie , s'élance dans les airs , n'omettant pas de narguer au passage Latham , dépité . Hubert Latham se rattrapera un mois plus tard ...Camp de SissonneLes militaires étaient logés sous des tentes . Cependant , lorsque la troupe s'installait pour longtemps , le génie construisait , sur l'ordre des officiers d'état-major , des baraques en bois . Ici , au camp de Sissonne , près de Laon dans l'Aine , les soldats sont réveillés au son du clairon ; ils attendent leur petit-déjeuner , le quart à la main . Le café était préparé , jusqu'en 1875 , dans un percolateur , et , à partir de 1887 , dans une marmite , le bouteillon , qui tire son nom de son inventeur , l'intendant Bouthéon .Cette carte illustre bien le comique troupier -- favorable , dans son inspiration , à la vie militaire même si elle s'en moque gentiment --, et rappelle les aventures de " l'ami bidasse " .Au camp de SissonneJ'usqu'au milieu du XIX ème siècle , dans l'armée française , le pain représentait la nourriture journalière de base . Napoléon III , soucieux du bien-être de ses hommes , fit améliorer et diversifier leur repas . La quantité de pain , fixée à 750 g , se réduisit au profit de la viande , du poisson et des légumes . par ailleurs , la distribution du tabac ne fut assurée qu'au début du XX ème siècle . Alors , 20 g de " gros Q ", tabac fourni en gros cubes , était accordé aux militaires , qu'ils brûlaient dans leur pipe .Le camp de Sissonne , créé en 1895 , existe encore de nos jours .

Paris / Ile-de-France

Nouveaux autobus parisiensQuelle marquise un peu snob ou désargentée aura emprunté le premier carrosse-omnibus qui circulait à Paris , en 1642 ? La formule , en tout cas , ne fit pas recette , et c'est bien plus tard que les grandes villes songèrent sérieusement à " se transporter en commun ".Au XIX ème siècle , tout accélère : en 1865 , la Compagnie des Omnibus exploite 31 lignes , possède 621 voitures à 6 places et une écurie de 7 316 chevaux !Au XX ème siècle , tout va vite : dès 1905 , l'omnibus-automobile inaugure la ligne Bourse-Cours-la-Reine , puis Montmartre-Saint-Germain-des-Prés . Quant au dernier omnibus à cheval , il circulera jusqu'en 1913 , sur la ligne la Villette-Saint-Sulpice . Le Ville-de-ParisC'est en décembre 1902 que Deutsch de la Meurthe expose au salon de l'automobile le dirigeable nommé Ville-de-Paris , gonflé à l'hydrogène et construit sur les plans de Victor Tatin . Or , il se déchire . C'est le Vill-de-Paris n° 2 qui prend l'air le 11 novembre 1906 à Sartrouville : une panne le force à atterrir précipitamment . Et il quitte à nouveau son hangar le 9 août 1907 : on le voit dès lors , très souvent au-dessus de Paris , de Versailles , de Coulommiers , et même de Verdun . C'est d'ailleurs à Verdun qu'il est dégonflé . Rappelons qu'à son bord , Louis Barthou , alors ministre des Travaux Publics , des Postes et du Télégraphe , s'éleva au-dessus de Saint-Germain-Croissy .Le volume du dirigeable était de 3 200 m3 et sa longueur totale , de 60,42 m .Fouette Cochère !Février 1907 : nouvelle conquête du féminisme . Six femmes obtiennent l'autorisation de conduire des fiacres dans Paris , après avoir satisfait à l'examen de capacité , obligatoire , et à l'épreuve du remisage. Parmi elles , une comtesse : Mme du Pin de La Guérinière . Elles sont tout de suite embauchées par des loueurs : M. Rabier et M. Valentin . Cependant , elles mettent les savants linguistes dans l'embarras : par quel vocable les désigner ? cochère , cochette , cochesse , cocherelle ...Mme Charnier pose ici aux côtés de ses clients parisiens qui , d'une façon générale , accueillirent avec bienveillance et malice l'entrée des femmes cochers dans la carrière !Travaux du métropolitainEn 1863 , Londres s'équipe d'un chemin de fer souterrain . Ce n'est que trente ans plus tard , en 1895 , que le projet d'un métropolitain est accepté par la ville de Paris qui confie la conduite des travaux à l'ingénieur Fulgence Marie-Auguste Bienvenüe . Un premier réseau de six lignes , d'une longueur totale de 65 km , reliant la porte de Vincennes à la porte Dauphine , est inauguré le 9 juillet 1900 à l'occasion de l'Exposition Universelle . Cependant , de nombreuses lignes restent à construire , et des difficultés surgissent notamment pour franchir la Seine à Saint-Michel . Bienvenüe a alors recours à la méthode dite des caissons immergés et congèle le sol aquifère des berges . Ce procédé sera repris pour la construction de la gare du RER implantée au même endroit .

Bressane , ancien costume

BourgogneLa Bresse,située à l'est de la France , constitue une plaine du bassin de la Saône.Elle couvre une partie des départements de l'Ain et de la Saône-et-Loire.Sa capitale ,Bourg-en-Bresse , est célèbre pour son marché de poulardes.L'originalité du costume féminin de la région résidait surtout dans le chapeau : un plateau orné de larges dentelles noires soutenait une haute cheminée.